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Plusieurs dizaines de morts à la Citadelle Laferrière : qui a laissé faire ?

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Des dizaines de personnes sont mortes étouffées en fin d’après-midi dans l’enceinte de la Citadelle Laferrière, monument classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, lors d’un événement festif commercial dont l’organisation avait été annoncée publiquement depuis plusieurs semaines.

Le bilan exact reste à établir. Les responsabilités, elles, sont déjà traçables. L’événement ne surgit pas du néant. Pendant des semaines, il a été promu sur les réseaux sociaux, visible de tous, accessible à n’importe quelle autorité publique, fonctionnaire ou agent de sécurité disposant d’un téléphone.

La mairie de Milot est l’autorité compétente pour délivrer les autorisations d’événements sur son territoire. Une autorisation a-t-elle été accordée, oui ou non ? Dans l’affirmative, sur quels fondements ? Quel dispositif pour encadrer la capacité d’accueil ? Quel schéma d’évacuation prévu ? Quelles mesures de sécurité concrètes ? Qui en porte la validation ?

Si non, pourquoi l’événement s’est-il tenu ? Où étaient les forces de l’ordre ? Qui a laissé faire ?
La Citadelle Laferrière est placée sous la gestion directe de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, l’ISPAN, lui-même sous tutelle du ministère de la Culture. A ce titre, la responsabilité du ministre Emmanuel Ménard est directement engagée. Comment un événement commercial de masse a-t-il pu se tenir dans un monument classé sans que l’institution chargée de le protéger n’intervienne ?

La ministre du Tourisme est également concernée. Son ministère co-gère la valorisation du site. Elle ne peut simultanément revendiquer le rayonnement touristique de la Citadelle et se désengager de ce qui s’y est produit.

Le ministre de l’Intérieur, tuteur des autorités municipales, est comptable du silence ou de l’inaction des élus locaux. Son rôle n’est pas de commenter le drame : il est d’instruire les responsabilités et d’engager les sanctions.

Les victimes sont mortes dans un monument que l’Etat haïtien administre, protège et exploite touristiquement. Ce que leurs familles exigent ne relève pas de la compassion officielle. Cela relève de la vérité comptable des responsabilités : qui a autorisé, qui a contrôlé, qui a regardé ailleurs.

Des communiqués de condoléances ont déjà été publiés. Ils ne suffisent pas.

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