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En 40 ans de démocratie (1986-2026), quel problème a-t-on déjà résolu en Haïti ?

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Partie II.

Par la Rédaction

Haïti n’a résolu aucun de ses problèmes structurels majeurs. Mais elle en a institutionnalisé un nouveau : la gestion permanente de l’échec. C’est peut-être là son seul « succès » mesurable.

Haïti a inventé une démocratie sans colonne vertébrale étatique. La démocratie n’a pas servi à organiser le pouvoir, mais à le fragmenter en pire. Chaque transition n’est pas un passage, mais une réinitialisation chaotique.

Haïti n’a pas échoué à se développer. Elle s’est reconvertie en économie de l’urgence permanente. La misère n’est plus une anomalie : elle est le carburant du système (aide internationale, clientélisme, corruption, absence de transparence…).

De crises politiques en crises politiques, Haïti n’en finit pas de creuser sa propre tombe. En quarante ans d’une expérience démocratique jusqu’ici inaboutie, le pays n’a connu aucun répit dans sa descente aux enfers.

Il est difficile d’identifier un seul domaine dans lequel des progrès réels et durables aient été enregistrés entre 1986 et 2026. Dresser le bilan de ces quarante dernières années est pourtant indispensable aujourd’hui, si l’on veut éviter de rater les quarante prochaines.

En quatre décennies, Haïti a connu six présidents élus, cinq présidents provisoires, le Conseil national de gouvernement (CNG), un Conseil présidentiel de transition, vingt-six Premiers ministres, des centaines de ministres et des dizaines de gouvernements qui n’ont servi à rien d’autre qu’à alimenter un mirage démocratique, tournant le dos aux tourments séculaires du peuple.

En 1986, la population haïtienne était estimée à environ 6,3 millions d’habitants. En 2026, elle dépasse les 11 millions. Nous sommes plus nombreux, mais aussi plus pauvres qu’autrefois.

L’école haïtienne, loin de s’être améliorée, est aujourd’hui plus malade qu’autrefois, reflet d’un système à bout de souffle. Elle ne produit plus des citoyens, mais des survivants scolaires, formés à fuir le pays ou le système.

En quatre décennies, Haïti n’a pas connu de changements porteurs d’espoir, mais une succession de reculs. Tout est devenu pire qu’hier.

La radiographie de ces quarante dernières années conduit à un constat : l’horizon haïtien est bouché. Le changement, c’est le recul.

Le pays se meurt. Les mêmes visages qui ont incarné ces quarante années de désastres sont encore là. Certes, certains se sont tapis dans l’ombre, mais la plupart demeurent bruyants, prêts à se jeter sur le corps malade d’Haïti comme des charognards.

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