Dans les petits secrets du CPT
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Par la Rédaction
Le CPT est un petit bateau fragile. Ces derniers temps, l’échéance du 7 février 2026 hante tous les esprits. Malgré les flots, les appétits politiques y demeurent brûlants. Plusieurs scénarios émergent, du moins pour le moment. La grande table des transactions politiques est bien remplie. Mais on ne sait pas encore comment déplacer les plats et les couverts.
Un conseiller-président s’impatiente de quitter le marigot politique de Port-au-Prince pour se ressourcer dans sa ville natale de province. Il n’a jamais été un politicien rompu aux hautes luttes.
Un autre, plus ambitieux — qui se croit plus gros que le bœuf, plus glouton que Gargantua — s’imagine survivre à toutes les secousses politiques et devenir le seul occupant du Palais national. Il n’a ni le talent ni le savoir-faire requis, mais veut tout pour lui. Son arrogance, voire sa suffisance, pourrait éventuellement lui coûter cher ; il exaspère ses collègues à chaque réunion, à chaque blocage calculé. Il adore les voyages. Il a toujours vécu comme ça. Du moins depuis son entrée au CPT. D’ailleurs, en pleine turbulence politique, il s’est récemment rendu à Nice, dans le sud luxueux de France, pour des vacances dorées.
Un groupe de conseillers-présidents, conscients des enjeux et de la versatilité de la vie politique haïtienne ces quarante dernières années, mesure la complexité de la situation actuelle, où tout pourrait basculer dans le désordre et le chaos et laisser tous les acteurs du bateau perdants. « Ce serait dommage », glissent-ils à Port-au-Prince Post.
Ce groupe plaide pour un CPT réduit à cinq membres ; selon eux, la présence de deux observateurs constituait dès le départ une erreur, d’autant que ces deux-là contrôlent trois ministères et une direction générale déconcentrée, sans prendre d’engagements ni subir la moindre pression.
Ce même groupe recommande au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de ne pas considérer le soutien des partenaires internationaux comme une bouffée d’oxygène intarissable. « Si vous pensez que vous allez diriger seul le 8 février 2026, vous risquez de vous aventurer sur un fil », avertissent-ils, appelant à « des choix difficiles » pour sauver la transition en cours.
Et, en dehors du bateau, s’agitent les politiciens impénitents. Ceux qui ne se reconnaissent plus ni dans le CPT ni dans le gouvernement. Ceux qui misent gros sur un naufrage total le 7 février 2026 et se préparent à se jeter sur le pouvoir, du moins ce qu’il en reste, comme des mouches affamées sur une charogne.
Alix Didier Fils-Aimé, lui, écoute, note, réfléchit et rencontre inlassablement les conseillers-présidents, les acteurs. L’homme n’est pas englouti par un quelconque égo de carton-pâte. Il demeure attentif à ce qu’on lui conseille, rapporte-t-on à Port-au-Prince Post. Ainsi va Haïti en ce vendredi 12 décembre 2025.

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