World Cup 2026 : derrière l’euphorie, les vraies questions
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Via ESPN
Par la Rédaction
Haïti est heureuse. Et cela s’est vu, entendu, ressenti. Mardi soir, Port-au-Prince s’est changée en immense mer humaine, une ville en liesse, où des milliers d’Haïtiens ont laissé éclater une joie rare, pure, presque sacrée. Ces scènes resteront dans la mémoire collective : des rues vibrantes, des drapeaux qui flottent, des familles entières rassemblées comme pour une fête nationale. Pendant quelques heures, la capitale a oublié ses peurs. Ses fractures. Ses multiples visages. Ses contradictions. Elle a respiré. Elle a espéré.
Mais après la joie, vient l’heure des vérités.
Il faut le dire sans trembler : Haïti ne peut plus avancer avec un ministère des Sports absent, silencieux, bureaucratique, figé dans une routine qui n’a jamais produit de résultats. Le football haïtien survit grâce à la passion populaire, à la débrouillardise, à la force du cœur. Pas grâce à une politique publique cohérente.
Et c’est précisément ce qui doit changer.
Nous avons besoin d’actions. De vraies actions. Pas de promesses éphémères. Nous avons besoin d’investissements massifs dans des infrastructures sportives dignes de ce nom : terrains entretenus, stades sécurisés, centres d’entraînement modernes, programmes de formation. Nous avons besoin d’une vision qui dépasse les discours ; d’une idée structurée, continue, capable d’organiser, de fédérer et de produire.
Nous avons besoin de championnats interscolaires, réguliers, sérieux, capables d’identifier les talents dès l’âge de 6 ou 7 ans. Nous avons besoin de tournois régionaux, de ligues départementales, d’une filière claire qui accompagne l’enfant jusqu’au joueur professionnel. Nous avons besoin d’initiatives qui révèlent nos pépites et les protègent, au lieu de les perdre dans les rues ou dans la violence.
Parce qu’au fond, tout est là : les Haïtiens aiment le football. C’est un langage universel qui nous appartient autant qu’aux autres peuples. La passion existe, elle est vivante, puissante, indestructible. Il ne manque que l’audace politique.
Alors osons. Transformons le football en politique nationale. Misons sur lui comme d’autres pays ont misé sur le sport pour se redéfinir, se relever, s’unir, se reconstruire. Oui, les grandes nations se font ainsi : en posant, pierre après pierre, les actes qui bâtissent l’avenir.
Hier soir, Haïti a prouvé qu’elle savait rêver. Aux responsables, maintenant, de prouver qu’ils savent agir.

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