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Culture et Traditions : penser l’économie haïtienne à partir de ses racines

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Et si la relance économique d’Haïti passait aussi par ce qu’elle a de plus ancien, de plus enraciné, de plus authentique ? À rebours des modèles importés et des dépendances structurelles, certaines initiatives proposent de repenser le développement à partir du patrimoine vivant du pays. Le Salon Culture et Traditions / Kilti ak Tradisyon, prévu le 1er mai 2026 aux Jardins Tipenn, à Laboule 13, s’inscrit dans cette perspective.

Organisé en partenariat avec la Chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie, l’événement ne se limite pas à une exposition de produits ou de savoir-faire. Il se présente comme une tentative de structuration — encore fragile, mais nécessaire — d’un espace économique où se rencontrent producteurs, artisans, créateurs et décideurs. En d’autres termes, un lieu où l’économie réelle, souvent informelle et dispersée, cherche à se rendre visible, lisible et, surtout, connectée.
Le choix du 1er mai n’est pas anodin. Fête du travail et de l’agriculture, cette date renvoie à deux piliers longtemps négligés dans les politiques publiques haïtiennes. À travers ce salon, il s’agit moins de célébrer que de réinterroger : que produisons-nous encore ? que savons-nous encore faire ? et que sommes-nous capables de transformer en richesse durable ?

Car derrière l’exposition de produits agricoles, artisanaux ou culturels, se dessine une question plus large : celle de la capacité du pays à convertir son héritage en levier économique. Trop souvent, la culture est cantonnée à une fonction symbolique ou patrimoniale. Elle est ici envisagée comme un moteur, un secteur à part entière, capable de générer de la valeur, de structurer des filières et de porter une ambition d’exportation.

Dans cette logique, le salon apparaît aussi comme un moment de projection. Conçu comme un prélude au Mondial du Rhum 2026 à Paris, où Haïti sera l’invitée d’honneur, il participe d’une stratégie plus large : faire émerger des produits et des marques capables de franchir les frontières. Encore faut-il que ces initiatives trouvent, en amont, les conditions de leur consolidation : accès aux marchés, structuration des réseaux, mise en relation des acteurs.

C’est sans doute là que réside l’enjeu principal. Car au-delà de l’événement lui-même, la question est celle de la continuité. Comment transformer une vitrine ponctuelle en dynamique durable ? Comment éviter que ces rencontres ne restent sans lendemain ? Et, surtout, comment inscrire ces démarches dans une vision cohérente du développement national ?

S’associer à Culture et Traditions / Kilti ak Tradisyon, pour les entreprises et institutions, revient à prendre position dans ce débat. Celui d’un pays qui cherche, malgré ses fragilités, à redéfinir ses priorités économiques en s’appuyant sur ses propres ressources.

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