Haïti: le système bancaire tient malgré les tempêtes
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Gangs, séismes, effondrement économique et pourtant, aucune crise bancaire systémique. La Banque de la République d’Haïti défie les modèles.
Le système financier haïtien aurait dû s’effondrer. Les théories économiques standard le prédisaient. Il tient.
Dans son dernier message aux institutions financières, le gouverneur Ronald Gabriel livre un diagnostic détaillé d’un paradoxe : malgré l’accumulation de chocs sécuritaires, politiques, climatiques et macroéconomiques, aucune crise bancaire systémique ne s’est matérialisée en Haïti.
Entre 2020 et 2024, le ratio fonds propres/actif du secteur bancaire s’est maintenu en moyenne à 8,3 %. Le taux de prêts improductifs a plafonné à 6,5 %, loin du pic de 12,4 % enregistré en 2005. Les dépôts ont progressé en valeur nominale. Les banques dépassent le ratio de solvabilité minimal de 12 % imposé par la circulaire 88-1.
La BRH identifie trois facteurs explicatifs : les transferts de la diaspora, la dollarisation des bilans bancaires, et une supervision prudentielle maintenue en régime de crise.
La banque centrale reconnaît néanmoins un risque non écarté, celui d’une « tempête parfaite » : la conjonction simultanée d’un séisme majeur, d’un choc pétrolier, d’un effondrement politique et d’une insécurité généralisée. Contre ce scénario, la BRH dit préparer des dispositifs d’anticipation renforcés, conformément aux recommandations du FMI pour les petits Etats vulnérables.
La dollarisation des bilans, si elle a mécaniquement gonflé les fonds propres lors des épisodes de dépréciation de la gourde, est explicitement identifiée comme une vulnérabilité structurelle persistante.
Source : Mot du Gouverneur, Banque de la République d’Haïti, juin 2025.

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