Raina Forbin à la Chancellerie: l’histoire jugera les résultats
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Par la Rédaction
« L’histoire ne jugera pas nos intentions. Elle jugera nos résultats. » Raina Forbin, 4 mars 2026, Port-au-Prince. Elle a choisi de fermer son discours sur une sentence, non sur une promesse. C’est déjà un signal. Ce mardi 4 mars, Raina Forbin a pris possession du ministère des Affaires étrangères et des Cultes.
Au-delà du rituel, le fond de son discours d’installation mérite attention. La nouvelle ministre n’a pas esquivé le diagnostic. Elle a nommé les maux avec une précision inhabituelle pour l’exercice : « crispations, résistances et inerties » face aux tentatives de réforme passées, dispersion de la politique étrangère, vulnérabilité aux pressions d’intérêts particuliers. On n’a pas coutume, dans ces cérémonies, d’un tel degré de lucidité institutionnelle.

Sur le fond programmatique, le discours articule six axes. Le premier : l’alignement de l’action internationale sur les urgences nationales. C’est le seul qui compte vraiment dans l’immédiat.
Haïti traverse une crise sécuritaire d’une gravité sans précédent. Les gangs contrôlent des pans entiers du territoire. Le processus électoral reste suspendu dans l’incertitude. L’aide humanitaire peine à atteindre les populations les plus exposées. Dans ce contexte, la diplomatie n’est pas un luxe académique : c’est un instrument de survie nationale. Raina Forbin dit le savoir.
L’insistance sur la question migratoire et sur la normalisation des relations avec la République dominicaine mérite d’être notée. Ces deux dossiers constituent depuis des années un angle mort douloureux de la politique étrangère haïtienne, souvent traité dans l’improvisation et l’émotion. Les qualifier de « priorité stratégique » est une reconnaissance tardive mais nécessaire. La méthode reste à démontrer.

Le volet Cultes, souvent traité comme un appendice mineur du portefeuille, retrouve dans ce discours une place de choix. L’annonce d’une Conférence des leaders religieux, mobilisés comme « partenaires à part entière » dans les efforts de stabilisation, est une idée concrète.
Restent les zones d’ombre inhérentes à tout exercice de ce type. Un discours d’installation est par nature un acte de foi : foi en soi-même, foi en un agenda, foi en la capacité de l’appareil d’Etat à suivre.
Les six axes énoncés par Madame Forbin sont des orientations, pas des politiques. Les jalons manquent, les arbitrages difficiles ne sont qu’effleurés. Ce n’est pas un reproche : il serait absurde d’exiger un plan de gouvernement d’un discours de prise de fonction. Mais c’est le cadre dans lequel ses mots devront être évalués dans les semaines et les mois qui viennent.
Raina Forbin hérite d’un ministère régalien, d’un corps diplomatique sous-équipé et d’une conjoncture difficile. Elle a choisi, pour sa première adresse publique, le ton du résultat sur celui de l’intention. C’est une exigence qu’elle s’est fixée à elle-même, devant témoins. Haïti et l’histoire ont retenu le serment. #PAPPOST #Haiti

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