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Crise au sein du CPT: Smith Augustin range ses cartes et recule

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Par la Rédaction

Le conseiller-président Smith Augustin a officiellement exprimé son désaccord avec la démarche visant la destitution du coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, à quelques jours seulement de la fin du mandat du CPT, prévue pour le 7 février 2026.

Dans une correspondance adressée à ses collègues conseillers-présidents Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, Smith Augustin affirme vouloir « clarifier, de manière formelle et sans équivoque » sa position face à une initiative qu’il dit juger à la fois juridiquement fragile et politiquement risquée.

Smith Augustin affirme que cette voie n’est ni la plus appropriée ni la plus responsable pour conclure la mission du Conseil, dans un contexte de grande fragilité institutionnelle. Il appelle ses collègues à faire preuve de retenue, de rigueur institutionnelle, de sens de l’État et de dépassement, estimant que telles sont les attentes du peuple haïtien.

Le conseiller-président Smith Augustin annonce qu’il s’abstiendra, à compter de ce jour et jusqu’au 7 février 2026, de participer à tout processus décisionnel similaire qu’il percevrait comme une escalade institutionnelle plutôt qu’une recherche consensuelle de sortie de crise. Il dit assumer pleinement cette position, « dans la sérénité », et dans le respect des responsabilités exercées tout au long de sa mission.

Le conseiller-président revient sur le renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé — envisagé dans le cadre du dialogue politique engagé le 18 janvier dernier avec plusieurs acteurs nationaux. Il indique y avoir adhéré de bonne foi, estimant que les prérogatives du CPT le permettaient et que cette décision pouvait faciliter la transition institutionnelle à partir du 7 février.

Cependant, Smith Augustin dit constater que cette initiative a provoqué de profondes divisions au sein du Conseil et aggravé la crise politique, tout en entraînant des tensions avec certains partenaires internationaux. Il souligne notamment le soutien « clair et inhabituel » exprimé par le gouvernement des États-Unis en faveur du Premier ministre.

Face à l’escalade, le conseiller-président dit avoir privilégié la voie du dialogue en adressant une correspondance au coordonnateur du CPT et en en informant ses collègues, une démarche qui, selon lui, n’a pas été prise en considération. Il dit observer désormais que certains membres du Conseil privilégient la destitution de Laurent Saint-Cyr afin de désigner un nouveau coordonnateur chargé de transmettre au journal officiel la résolution relative au renvoi du chef du gouvernement.

Smith Augustin confirme marquer son opposition à cette orientation, estimant « difficilement soutenable sur le plan juridique » qu’une résolution non publiée puisse abroger une résolution antérieure dûment publiée, notamment celle fixant la durée et la répartition de la coordination de la présidence tournante. Il souligne également l’absence d’unanimité sur la légalité de la procédure envisagée.

S’interrogeant sur les conséquences concrètes d’une telle démarche, le CP en profite pour mettre en garde contre une possible « spirale institutionnelle incontrôlable ». Il évoque le risque de révocations successives touchant d’autres responsables institutionnels, à quelques jours seulement de la fin du mandat du CPT.

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