Les États-Unis soutiennent Alix Didier Fils-Aimé, tapent du poing sur la table et mettent le CPT K.-O
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Par la Rédaction
Les Etats-Unis préviennent que toute modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition, non élu, serait jugée illégitime à ce stade. Washington affirme viser un minimum de sécurité et de stabilité et menace de sanctions les soutiens à une initiative jugée favorable aux gangs.
L’expression « serait considérée comme nulle et non avenue », juridiquement lourde, est frappante. Les #USA s’arrogent un pouvoir de validation politique externe sur des décisions internes. Ce n’est pas une menace implicite, c’est une annulation par anticipation, un veto politique préventif. Washington ne conseille pas. Il définit la limite du pensable.
Le CPT est qualifié de « non élu », ce qui semble, à première vue, délégitimer son autorité. Les Etats-Unis reconnaissent le CPT comme interlocuteur, tout en lui refusant le droit d’exercer pleinement ses prérogatives.
On est face à une légitimité sous condition, une autorité tolérée tant qu’elle ne modifie pas l’équilibre validé par l’extérieur.
Plus encore, l’affirmation selon laquelle un acte politique interne serait « nul et non avenu » ne repose sur aucune base en droit international. Elle relève soit du droit de fait, dicté par le rapport de force, soit d’une doctrine informelle de protectorat fonctionnel : Washington se veut sans ambiguïté — ne touchez pas à Alix Didier Fils-Aimé, faute de quoi les représailles politiques suivront.
À ce stade, le scénario d’un limogeage du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble s’éloigner. Les conseillers présidentiels évaluent des risques politiques jugés trop élevés dans un contexte déjà instable. L’équation du pouvoir reste largement conditionnée par l’arbitrage américain. Le CPT apparaît fragilisé, tandis qu’Alix Didier Fils-Aimé consolide sa position.
On imagine mal les conseillers présidentiels, qui nourrissaient jusqu’à ce mercredi soir l’intention de limoger Alix Didier Fils-Aimé, se livrer à un hara-kiri politique. Il y a trop à perdre, trop de risques à assumer, trop d’inconnues dans l’équation, trop de vagues à contenir dans une mer déjà déchaînée.
L’histoire politique haïtienne des quarante dernières années ne laisse place à aucune ambiguïté : sur la terre de Dessalines, les États-Unis demeurent les seuls véritables ayatollahs du jeu politique. Ils en fixent les règles, à leur façon, pour le meilleur comme pour le pire. Ils font et défont les présidents, en rappellent certains, en installent d’autres, et en chassent quelques-uns sans ménagement. Ainsi va Haïti depuis si longtemps que la surprise elle-même a déserté le paysage.
Ce post de l’ambassade américaine en Haïti, publié sur X et Facebook mercredi soir, constitue un coup de grâce au Conseil présidentiel de transition, désormais K.-O. debout, et redonne souffle et vigueur à Alix Didier Fils-Aimé. Pour les conseillers présidentiels, la tête reste obstinément sous l’eau, et l’air se raréfie… à quelques jours du 7 février 2026.

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