Thu. Oct 22nd, 2026

Port-au-Prince Post

Informer Pour Changer

Aux Gonaïves, l’obscurité n’attend pas la nuit

2 min read
Partagez cet article:

Par la Rédaction

Aux Gonaïves, l’obscurité n’attend pas la nuit. Elle tombe tôt. Non par effet de la nuit, mais par absence d’électricité. Depuis des années, la ville vit sans courant.

On explique que c’est ainsi. Les habitants s’adaptent. La chaleur, les moustiques, l’impossibilité de dormir rendent les nuits éprouvantes, sauf pour ceux qui disposent d’une génératrice.

Sur les mornes de Biennac, des maisons de fortune s’accrochent aux pentes. Le sol est sec, dénudé. Chaque année, de nouvelles constructions apparaissent. Des vies précaires se suspendent à la roche. Le danger est connu. Il est accepté.

Comme ailleurs en Haïti, la ville est envahie par les déchets. L’espace public s’effondre. La fatigue est visible. Elle traverse les visages, les rues, les discours.

Et pourtant, la vie persiste. Des jeunes ont organisé un marché de Noël dans un hôtel de la ville. La cour était pleine. Sous une tente, un vendeur de chocolat s’emporte contre les dirigeants. Il parle des rues poussiéreuses, des élus enrichis, du droit de vivre dignement ici. « Il y aura toujours plus d’Haïtiens dans le pays qu’à l’étranger », dit-il.

Les Gonaïves, ville fondatrice de l’indépendance, pourraient être un lieu de mémoire, de tourisme, de transmission. Elles restent un symbole inversé : celui d’un pays riche en potentialités, mais privé de vision, laissant ses villes historiques glisser vers l’oubli.

About The Author


Partagez cet article:

This will close in 0 seconds