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Derrière la visite fracassante du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la DGPNH

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Par Alain Point-du-Jour

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également chef du Conseil supérieur de la Police Nationale (CSPN), a visité, le jeudi 30 janvier 2025, la Direction Générale de la Police Nationale d’Haïti (DGPNH).

Lors d’un point de presse, il a tenu à mettre les points sur les « i », déclarant que les services de renseignement du gouvernement avaient été informés depuis plusieurs jours d’une éventuelle attaque de groupes armés dans la commune de Kenscoff. Pourtant, aucune mesure n’a été prise pour empêcher les actions annoncées par les gangs de la coalition Viv Ansanm.

D’après les témoignages des autorités communales, il s’agirait d’un massacre ayant causé la mort de plus d’une quarantaine de personnes. Des maisons ont été vandalisées puis incendiées et une grande quantité de bétail appartenant aux paysans a été volée par les malfrats. Et ce, malgré les déclarations rassurantes des autorités : « Les assauts répétés des groupes criminels ont trop longtemps martyrisé nos concitoyens. Cette situation ne peut plus durer. L’État se lève. L’État frappe. L’État triomphera ».

Les récentes attaques à Kenscoff inquiètent de plus en plus les habitants de Pétion-Ville et des zones avoisinantes, qui se sentent encerclés par des groupes armés. Ces révélations fracassantes interviennent environ un mois après une tentative du Premier ministre de révoquer le chef de la Police, Rameau Normil, et quelques semaines après l’installation de Mario Andrésol à la Secrétairerie d’État à la Sécurité publique, où il est perçu comme une doublure.

Selon deux sources au sein de la Direction générale de la PNH, les déclarations du Chef du gouvernement viseraient à discréditer le chef de la Police, qu’il considérerait comme un colis encombrant.

Pourquoi, en dépit des informations disponibles, aucune action n’a-t-elle été entreprise pour empêcher l’attaque des gangs à Kenscoff ? Qui porte la responsabilité de cet échec ? Quelle brèche faut-il colmater ? Existe-t-il réellement une mésentente entre le Chef du CSPN et le Directeur général de la PNH, deux figures clés des hautes instances sécuritaires du pays ? Enfin, face à la montée en puissance des gangs – ennemi commun évident – les autorités sauront-elles mettre de côté leurs différends pour se concentrer sur le sauvetage du pays ?

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