La République d’exception
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Par la Rédaction
La petite querelle à distance entre les deux anciens sénateurs Kelly Bastien et Jocelerme Privert nous enseigne une vérité: l’instabilité institionnelle et les transitions sans fin nourrissent les confusions.
Bastien croit avoir dégainé l’argument massue en invoquant l’exceptionnalisme politique du temps que nous vivons. Privert pense détenir le langage de la vérité en indiquant un nouveau chemin pour la suite de la transition au-delà du 7 février 2026 — une position similaire à celle du Mouvement national pour transparence (MNT) exprimée il y a deux mois.
Mais où se situe la parole du droit, celle qui s’adosse aux lois de la République ? Quel chemin emprunter quand il y a tant de vues divergentes ? Comment trouver l’articulation la plus juste capable de rassembler la classe politique ?
Il faut dire que, depuis le deuxième lundi de janvier 2020, nous vivons dans une République d’exception. Rappelez-vous bien les faits : le feu président Jovenel Moïse sort de son lit au petit matin, pavoise et constate la caducité du Parlement, un Parlement qui, malgré les deux «majorités présidentielles», l’a plutôt emmerdé que soutenu entre 2016 et 2020.
Depuis, Jean Michel Lapin a été Premier ministe au mépris de la constitution. Le fameux Joseph Jouthe, idem. Claude Joseph, idem. Ariel Henry, idem. Garry Conille, idem. Alix Didier Fils-Aimé, idem. Vous vous lassez de cette anaphore mais elle est nécessaire.
Depuis 2020, à chaque étape, on bricole des solutions, des accords, souvent sous l’obédience de la communauté internationale. Une République ne fonctionne pas comme ça. Pourtant, cela est devenu son état quasi naturel. Le vrai débat aujourd’hui, au-delà du ponctuel, est comment en finir avec ce cycle d’instabilité qui torpille la constitution, écrase nos institutions et met souvent dos à dos nos politiques…

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