67 ans après la révolution, Cuba peut-il encore tenir face à ce qui apparaît comme le début de la fin ?
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Cuba traverse une crise énergétique sans précédent depuis que les livraisons de pétrole vénézuélien ont cessé début 2026, à la suite de la capture de Nicolas Maduro et des pressions américaines sur les exportateurs d’hydrocarbures à destination de l’île. Le brut vendu à prix réduit par Caracas constituait jusqu’alors la principale source d’énergie pour produire de l’électricité. Sous la menace de sanctions américaines, ces importations se sont taries.
Les conséquences pour la population sont dramatiques. Les 9,6 millions de Cubains ne disposent déjà qu’en temps normal que de quatre heures de courant par jour. Depuis le début de la crise, l’île a subi deux pannes électriques nationales totales en moins d’une semaine, et sept coupures majeures depuis 2024. Les images satellites du mois de mars 2026 montrent une Cuba plongée dans l’obscurité, en contraste saisissant avec la Floride voisine, la Jamaïque ou Haïti.
La vie quotidienne est paralysée. À La Havane comme ailleurs, l’eau courante a disparu, son acheminement étant tributaire de pompes électriques. Les habitants font la queue devant des camions-citernes pour s’approvisionner. Le soir, certains cuisinent à la lumière d’une lampe frontale, dans des conditions précaires.
Le tourisme, autre pilier de l’économie cubaine, s’effondre lui aussi : le nombre de visiteurs a chuté de 56 % en février par rapport à l’année précédente, même si la plupart des hôtels disposent de leurs propres générateurs. Quelques rares livraisons de pétrole parviennent encore à contourner l’embargo, mais elles restent insuffisantes pour redresser la situation.
Après 67 ans de régime révolutionnaire, la question se pose désormais ouvertement : le régime cubain, déjà fragilisé économiquement, survivra-t-il à l’extinction de ses centrales électriques ?

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