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Mario Andrésol, ministre de la Défense, attendu au tournant

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Par la Rédaction

Il revient. Et cette fois, c’est au sommet. La nomination de Mario Andrésol au poste de ministre de la Défense ne surprend personne qui connaît le sérail sécuritaire haïtien. Elle s’impose. Après des décennies passées à bâtir, réformer et tenir souvent contre vents et marées, cet officier d’exception retrouve une tribune à la hauteur de son parcours.

Né à Port-au-Prince le 20 juillet 1960, Andrésol n’a jamais choisi la facilité. Formé chez les Frères du Sacré-Cœur, passé par le Collège Saint-Pierre, étudiant à la Faculté des Sciences Humaines, il aurait pu emprunter mille autres chemins. Il choisit l’uniforme. En 1982, il entre à l’Académie Militaire d’Haïti. Ce n’est que le début.

M. Andrésol est un homme formé aux quatre coins du monde. Fort Benning, Géorgie, 1985. L’officier haïtien suit le cycle de formation d’infanterie de l’armée américaine. Un an plus tard, direction Melun, France, à l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale. Théorie. Pratique. Opérations de police. Ce profil hybride ( militaire et policier, national et international ) sera sa marque de fabrique. Rare, à l’époque. Décisif, pour la suite.

De retour au pays, il ne s’arrête pas. Il rejoint l’INAGHEI, se spécialise en relations internationales. Il accumule. Il construit.

M. Andrésol est un homme de terrain, d’abord. Sa carrière opérationnelle le mène de la 39e compagnie des Forces armées à l’unité anti-gang de Port-au-Prince. Premier lieutenant en 1990, puis capitaine, il gravit les échelons sans bruit et avec méthode. Sécurité de l’aéroport international. Commandements régionaux. Chaque poste, une école.

En 1995, la Police Nationale d’Haïti naît. Andrésol y entre. Et très vite, il s’y impose : commissaire municipal de Pétion-Ville, commissaire principal du district de Port-au-Prince, directeur central de la police judiciaire. Une trajectoire limpide, presque inexorable.

Juillet 2005. Mario Andrésol est nommé directeur général de la Police Nationale d’Haïti. La nouvelle fait l’effet d’une bouffée d’air frais. Son bilan au sein de l’institution était déjà connu, respecté, salué. On attendait beaucoup. Il donnera plus encore.

Pendant sept ans, jusqu’en 2012, il tient la barre dans une mer déchaînée. Crises politiques. Insécurité chronique. Et le 12 janvier 2010, le séisme. Le pays s’effondre. La PNH vacille. Lui reste debout. Sous sa direction, l’institution se professionnalise comme jamais : effectifs en hausse, unités spécialisées créées, coopération internationale consolidée, police communautaire implantée. Un chantier colossal, mené avec rigueur et vision.

Plus remarquable encore : il traverse trois présidences ( Boniface Alexandre, René Préval, Michel Martelly) sans jamais plier sous les pressions politiques. La police reste la police. C’est son œuvre.

Après 2012, Andrésol ne disparaît pas. Il conseille. Il analyse. Il dirige une firme spécialisée en stratégie et sécurité, collabore avec des initiatives internationales. L’homme reste dans l’arène, autrement.

Aujourd’hui, ministre de la Défense, il retrouve le terrain qu’il connaît mieux que quiconque. Pour les observateurs avertis, son arrivée à ce poste n’est pas un pari. C’est une évidence.

Expérience militaire. Maîtrise policière. Réseaux internationaux. Légitimité institutionnelle. Haïti a besoin de reconstructeurs. Mario Andrésol en est un. Il l’a déjà prouvé.

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