Appel à une action coordonnée des Nations Unies pour soutenir la feuille de route de l’OEA en Haïti
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Face à l’aggravation de la crise institutionnelle, sécuritaire et humanitaire en Haïti, les États membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont lancé un appel solennel à une action coordonnée des Nations Unies afin de soutenir la mise en œuvre urgente de la feuille de route actualisée pour Haïti.
« Haïti ne peut attendre. Le moment d’une action décisive et coordonnée est venu », ont exigé ces États membres dans une déclaration conjointe. Ladite feuille de route, intitulée « Vers une feuille de route dirigée par les Haïtiens pour la stabilité et la paix, avec un appui régional et international », a été présentée par le secrétaire général au Conseil permanent de l’OEA le 20 août dernier. Elle place la sécurité comme condition indispensable au retour de la gouvernance démocratique, au redressement économique et à la tenue d’élections libres et équitables en Haïti. La feuille de route propose également des mécanismes concrets de coordination, de transparence et de mobilisation des ressources afin d’optimiser les efforts d’aide et d’éviter les chevauchements.
Réunis autour de la résolution AG/RES. 3039 adoptée lors de la 55ᵉ Assemblée générale de l’OEA, les signataires de la déclaration conjointe ont réaffirmé leur solidarité avec le peuple haïtien, leur respect pour la souveraineté du pays et leur volonté d’appuyer des solutions concrètes portées par les Haïtiens eux-mêmes, avec un accompagnement régional et international renforcé.
Les États membres de l’OEA soutiennent en effet la création d’un Bureau de soutien des Nations Unies pour Haïti (UNSOH) et la transformation progressive de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) vers une force spécialisée dans l’instauration d’un environnement stable, propice au rétablissement de l’État de droit et à la lutte contre les gangs armés.
Les États membres se sont déclarés prêts à travailler main dans la main avec les Nations Unies, Haïti et les autres partenaires interaméricains, dans les limites de leurs capacités nationales et conformément aux mandats de l’OEA. Ils encouragent, par ailleurs, les contributions volontaires au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies ainsi qu’un appui complémentaire par le biais de l’OEA pour renforcer les efforts sur le terrain.
Conscients que la paix durable ne peut reposer uniquement sur la réponse sécuritaire, les États membres ont souligné la nécessité d’aborder les causes profondes de la crise haïtienne : faiblesse institutionnelle, pauvreté extrême, corruption endémique, inégalités sociales, accès limité à l’éducation et aux services publics. L’OEA dit entendre poursuivre son rôle de soutien au renforcement des capacités institutionnelles par une approche fondée sur les droits humains, la protection des populations vulnérables — notamment les femmes et les enfants — et le respect du leadership haïtien.
D’un autre côté, les membres de l’OEA ont rappelé avec force que la réponse à la crise haïtienne doit rester dirigée par les Haïtiens eux-mêmes, avec un plein respect de leur souveraineté, de leurs institutions et de leur société civile. La coordination entre l’OEA, la CARICOM et l’ONU est jugée essentielle pour assurer la légitimité, la cohérence et l’efficacité de l’intervention.
L’OEA en profite pour saluer l’engagement du Kenya, qui dirige la mission MSS, ainsi que la participation active des Bahamas, du Belize, du Salvador, du Guatemala et de la Jamaïque, qui ont fourni du personnel pour soutenir cette opération multinationale.
La déclaration conjointe a été signée par ces pays membres, à savoir :
l’Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la Dominique, l’Équateur, El Salvador, les États-Unis, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la République dominicaine, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, le Suriname, Trinité-et-Tobago et l’Uruguay.

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