Haïti, entre chaos et espoir : l’OEA parie sur une feuille de route à 2,6 milliards de dollars américains
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Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, a présenté, ce mercredi 20 août, devant le Conseil permanent, une feuille de route ambitieuse destinée à répondre à la crise sécuritaire, institutionnelle et humanitaire qui ravage Haïti. D’un coût estimé à 2,6 milliards de dollars sur la période 2025-2028, le plan s’articule autour de cinq priorités.
Premier poste budgétaire, la stabilisation et la paix bénéficient de 1,336 milliard de dollars, suivies par la réponse humanitaire (908,2 millions), le développement durable (256,1 millions), le processus électoral (104,1 millions) et le soutien à la gouvernance politique (8 millions). Cette initiative vise, selon l’OEA, à « apporter des solutions concrètes à la grave crise sécuritaire et institutionnelle que traverse Haïti ».
Le document met en évidence la gravité de la situation : en 2024, plus de 5 600 personnes ont été tuées, 1,3 million déplacées et près de 90 % de Port-au-Prince seraient aujourd’hui sous le contrôle de gangs armés. Par ailleurs, 4,7 millions d’Haïtiens font face à une insécurité alimentaire aiguë.
Élaborée en concertation avec les autorités haïtiennes, la CARICOM, les Nations unies, la Banque interaméricaine de développement (BID) et d’autres partenaires internationaux, la feuille de route prévoit un mécanisme de gouvernance tripartite (OEA, ONU, CARICOM) chargé de coordonner les efforts. Une conférence internationale des donateurs est également annoncée afin de mobiliser les financements nécessaires.
« Haïti traverse une crise grave qui requiert toute notre attention immédiate. (…) Ce plan vise à rendre Haïti totalement autonome dans les plus brefs délais », a déclaré Albert Ramdin, appelant les États membres à contribuer au financement.
Parmi les prochaines étapes figurent l’organisation d’un dialogue national, la cartographie des initiatives existantes, l’accompagnement du processus constitutionnel en vue de l’échéance du 7 février 2026, ainsi que la création d’un tableau de bord destiné à garantir transparence et suivi des progrès.

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