CPT : Laurent Saint-Cyr aux commandes pour la dernière ligne droite
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Laurent Saint-Cyr est désormais à la tête du Conseil présidentiel de transition, qui aborde sa dernière ligne droite. Le transfert de pouvoir a été effectué par l’économiste Fritz Alphonse Jean à la Villa d’Accueil ce jeudi 7 août. Ces derniers mois s’annoncent cruciaux : soit la transition aboutit, soit de nouveaux éléments viendront assombrir les perspectives au-delà de février 2026. Laurent Saint-Cyr a du pain sur la planche : six mois pour la dernière danse du CPT.
Le Conseil présidentiel de transition (CPT) entame donc sa dernière ligne droite. Laurent Saint-Cyr devient le quatrième président de cette présidence tournante, après les passages d’Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire et, tout récemment, Fritz Alphonse Jean. Les trois derniers ont échoué à établir la sécurité et à mettre le pays sur la voie démocratique : celle de l’organisation des élections.
Ce jeudi 7 août, Laurent Saint-Cyr, représentant du secteur privé au sein du CPT, a été investi comme nouveau coordonnateur de l’instance. Dans un discours prononcé entièrement en créole, il a lancé un appel à davantage d’unité et de cohésion au sein du Conseil, afin de faire face aux nombreux défis auxquels la République est confrontée.
« Ce n’est plus le moment des beaux discours. Il est temps d’agir ! Trop de sang a coulé. On a perdu trop de temps », a déclaré le président Saint-Cyr, soulignant l’urgence d’obtenir des résultats concrets à quelques mois de l’échéance de février 2026.
Le président sortant, Fritz Alphonse Jean, qui a salué cette passation comme un exercice symbolique d’alternance démocratique, a exprimé sa confiance dans la capacité de son successeur à mener à bien la mission du Conseil.
Laurent Saint-Cyr, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH), dit accepter cette responsabilité « avec humilité, détermination et un profond sens patriotique ». Il sera le dernier à occuper cette fonction dans le cadre de la transition, censée aboutir à des élections et à un retour à l’ordre constitutionnel.
Conscient de la gravité de la situation sécuritaire, le coordonnateur du CPT, M. Saint-Cyr, a évité les promesses creuses et les discours rassurants. Il a préféré mettre en avant une volonté de fermeté face aux gangs armés qui « étouffent la vie en Haïti ». « Nous devons combattre ces groupes criminels sans relâche, jusqu’à leur dernier retranchement », a-t-il affirmé, appelant les forces de sécurité à intensifier leurs opérations, tout en lançant un appel à un soutien accru de la communauté internationale : moyens logistiques, financement, personnel.
Initiée sous l’égide de la CARICOM avec l’appui de Washington, cette transition inédite visait à rétablir la sécurité, réformer la Constitution, relancer l’économie et organiser des élections. Mais à six mois de l’échéance, les doutes persistent quant à la capacité du CPT à remplir ses objectifs dans les délais impartis.
« La vie et l’avenir de plus de 12 millions d’Haïtiens dépendent des décisions que nous devons prendre ensemble », a averti le président Saint-Cyr, qui a longtemps observé les déboires de l’ex-Premier ministre Ariel Henry alors qu’il siégeait au Haut Conseil de la transition.
Laurent Saint-Cyr a promis d’engager le dialogue avec toutes les forces vives de la Nation : anciens présidents, anciens Premiers ministres, acteurs politiques, société civile.
« Je tendrai la main. J’écouterai. J’unirai », a-t-il promis.
L’un des axes centraux de son discours a été l’appel à l’unité, au sein du Conseil comme au-delà.
« C’est seulement dans l’unité que nous pourrons agir efficacement et produire les résultats que le peuple attend », a martelé Saint-Cyr, qui se défend de toute partialité malgré ses racines dans le secteur privé.
« Mon seul engagement est envers la Nation. Ma seule direction, c’est l’intérêt général », a-t-il affirmé. Il s’est également insurgé contre la « désinformation en vogue » sur les réseaux sociaux, qu’il considère comme un facteur de déstabilisation, plaidant pour une presse « libre et responsable » afin d’accompagner la transition dans la transparence.
Alors que février 2026 approche à grands pas, le président du CPT prévient :
« Nous devons éviter tout ce qui pourrait compromettre cette mission. »
L’avenir d’Haïti dépendra de la réussite — ou de l’échec — de ces derniers mois de transition. Laurent Saint-Cyr est le dernier président du CPT, dont la mission doit prendre fin en février 2026.

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